Presse

En disque ou en concert, retrouvez une sélection des critiques publiées sur Diapason, Classica, Gramophone, Pianiste, Piano news, Pizzicato, Crescendo magazine, OpusHD et beaucoup d'autres...

Dossier de presse en PDF

 L’interpretazione di Forte rende con ammirevole accuratezza la composta bellezza di questa importante composizione, dietro la quale si cela un simile dramma esistenziale.

D. Miozzi - Musica

C’est toujours un plaisir d’écouter le jeu du pianiste Vittorio Forte qui nous surprend à chaque fois par des choix de répertoires moins joués et pourtant passionnants. Rondo, Fantaisies, Variations, tant de pièces où les couleurs et dynamiques sont reines. La manière dont le pianiste guide et agence ces pièces est à nouveau remarquable. La direction limpide de son jeu se marie subtilement à une ornementation délicate que peu d’artistes seraient capables de restituer d’une manière aussi convaincante. A la fin de ce récital, on ne peut que remercier l’artiste et le féliciter de nous avoir transporté d’une façon aussi rafraichissante durant 79 minutes. Vittorio Forte ne cherche pas la facilité, c’est sa force. Ce pari osé, il l’emporte haut la main en donnant du plaisir à l’écoute de chacune des pièces.

A. Desimpelaere - Crescendo Magazine

Forte manages to achieve the stylistic elements of this “Sturm und Drang” without putting himself in the front and without loosing control. Obviously, he  underlines the abrupt semantic fractures, even the irritating silences and the bold melodic lines and modulations. But: Nothing sounds exaggerated, everything stays in the right manner according to the compositional intention. Specially the “Fantasia” WQ 59/6 sounds impressive and even with a bizarre humor and subtle grotesque. Here a simple cuckoo motif is literally mocked together with highly dramatic climaxes.

Marco Frei - PIANO NEWS.DE

Cette musique exige souvent du mordant, et on est bien servi

...La fantaisie en la majeur Wq.58/7, d’humeur changeante, heurtée, parfois sans barre  de mesure, résume à elle seule ce beau programme : varié, fait de pièces contrastées et très personnelles.

Marc Vignal - Classica

Sa proposition est neuve et parfaitement aboutie.

La réponse de V. Forte à Lubimov, atteint les même cimes de l'inspiration.

Le Rondeau sur l’Adieu à mon clavicorde Silbermann, nous va droit au cœur. La sonorité somptueuse du grand Steinway touche aussi directement qu’une confidence de Bill Evans.

V. Forte est un maître du clair-obscur, la virtuosité dense du Rondo en la mineur, ses interrogations mystérieuses tiennent l’auditeur en haleine. Les Variations sur la Folia couronnent un parcours libre et fantasque, admirablement chanté, qui fait totalement oublier les querelles d’instrument.

Voilà un pianiste qui chante, et dont la main gauche, ici capitale,  fait entendre les contre-chants sans jamais les souligner,  donne la cadence avec discrétion  mais de façon impérieuse. Pédale légère, doigts discrètement invincibles, allure décidée mais jamais trop rapide, merveilleux sens théâtral nuancé avec un tact et un amour de l'instrument auquel il m'est impossible de résister.

Alain Lompech - Diapason

For his new Odradek recording, the Calabrian pianist Vittorio Forte has chosen a programme of fantasies, rondos and variations written in Hamburg during the last decade of Emanuel Bach’s life. The mercurial moods of the master of Empfindsamkeit, who is also arguably among the earliest important composers for the piano, are not easily rendered on the modern Steinway. Forte’s heartfelt and resourceful playing succeeds admirably.

 

 

The E minor Rondo, Farewell to my Silbermann Clavichord, was written when Bach relinquished his favourite clavichord to his pupil Ewald von Grotthuss in 1781. Published as recently as 1986, the Rondo’s wistful sadness will doubtless touch the heart of any keyboard player whose instrument has become a close confidante through the years. Another gem, first published in 1938, is the La folia Variations from 1778. Drawing on Bach’s deep reservoir of inventive figuration, this audaciously original treatment of La folia is a late 18th-century tour de force. Without forcing or overstatement, Forte’s interpretation glows with imagination and virtuosity.

The F sharp minor Fantasia, at 11 minutes the longest piece on the disc, seems to touch on all the styles that Bach inherited or anticipated in a seamless tapestry. Listening to Forte’s poetic reading, it is easy to understand both why Bach was so admired by Haydn and how he remained a strong influence on Beethoven.

Adventurous listeners eager for a detour from the beaten path, not to mention connoisseurs of thoughtful piano-playing of cultivated sensitivity, won’t want to miss this.

Cette musique exige souvent du mordant, et on est bien servi, notamment avec les deux fantaisies, en ut majeur Wq.59/6 et ses deux  notes dans l’aigu bien détachées du reste, et Wq.61/6, au thème bien articulé et non sans humour. Le rondo en mi majeur Wq.57/1, particulièrement « dense et surprenant » (un critique de l’époque), demande quant à lui du legato et reçoit tout son dû. La fantaisie en la majeur Wq.58/7, d’humeur changeante, heurtée, parfois sans barre  de mesure, résume à elle seule ce beau programme : varié, fait de pièces contrastées et très personnelles. On sait gré à Vittorio Forte de les avoir réunies, en leur ajoutant trois morceaux de même envergure : les variations sur La Folie d’Espagne Wq.118/9, qui terminent ce beau programme, et la grande fantaisie en mi mineur Wq. 66 « Adieu à  mon pianoforte Silbermann », qui l’ouvre : elle est jouée avec introspection.

Musikzen - Marc Vignal

Carl Philipp Emanuel Bach avec ardeur et humour par Vittorio Forte

Des Fantaisies et des Rondos de C.P.E Bach, on retient l’inventivité et « l’improvisation mise sur papier » dit Vittorio Forte. C’est que le compositeur ouvre une nouvelle ère pour la musique en lui révélant les cieux de l’émotion.

Le programme développé dans ce disque ressemble à l’artiste qui l’a porté. Emotif et sincère, fantaisiste et élégant, ce musicien italien qui a « épousé la France », selon ses propres termes, n’en finit pas de nous charmer. 

Le premier morceau est d’une tendresse infinie, ce qui présage un bon moment à passer avec le pianiste italien. Les doigts de Vittorio se couchent sur le piano en donnant aux notes une profonde émotion. Dans ce jeu pianistique la technique est au service de l’émotion. Et toute cette émotion marquera le récital livré par le pianiste. Tout au long du cd l’italien fait parler d’amour son piano et nous en savourons chaque mot. Si tous les marteaux du piano de Vittorio pouvaient briser la violence qu’on connaît dans ces temps obscurs, ce serait une fichue belle leçon de musique.

On ne peut être fier d’un album que si l’on en est l’auteur, mais on peut être fier et bienheureux d’avoir vécu une belle histoire en passant ce dernier. Et moi, je suis fier d’avoir cet album dans ma discographie.

 

Vittorio Forte’s C.P.E,Bach performances are highly inspired and charming, revealing the composer’s virtuosity, his impulsive rhetoric and his genuine poetry as well.

Pizzicato - Rémy Franck

Cpe Bach, le visionnaire

Le pianiste italien s’empare de cette musique avec un mode de réflexion allant bien au-delà des notes, pour ouvrir plus largement l’horizon musical des pièces abordées. Et cette démarche atteint pleinement son but en offrant une délicatesse, une profondeur, un charme certain à ces pages méconnues. Dans son élégance naturelle, le jeu de Vittorio forte force l’admiration avec humilité et grâce. Un CD à découvrir sans tarder.

OpusHD.net - Jean-Jacques Millo

CPE Bach "Abschied"

Le titre de ce disque vient du rondo Abschied von meinem Silbermannschen Claviere (Adieu à mon clavicorde Silbermann), faisant référence à son instrument préféré. En nommant ainsi son CD, Vittorio Forte met en valeur la modernité de la facture compositionnelle de C.P.E. Bach qui sonne incroyablement bien sur le Steinway modèle Dn résistant ainsi au changement radical du mécanique — signe d’une universalité. Comme à l’accoutumée, notre pianiste soigne particulièrement le rendu, s’attache à la beauté du son sans négliger aucun détail. La joyeuse vivacité traverse tout le disque, même dans des pièces graves. L’esprit alerte du pianiste rencontre l’esprit plein de fantaisie de « Bach de Berlin ».

C.P.E. Bach au piano

par Victoria Okada

Rare triomphe que celui obtenu par Vittorio Forte à l’issue de son récital à l’institut Goethe. Alors que le grand quadragénaire vient d’enregistrer la plus complète des intégrales de valses de Frédéric Chopin, il a fomenté un récital sur mesure pour la série « Classique en Suites » de François Segré : du Chopin, mais pas que. En dépit du format inhabituel (quatre-vingt minutes de musique contre les soixante coutumières), la qualité de ce programme et la singularité de l’artiste ont séduit l’assistance, d’ordinaire peu prompte à faire revenir sur scène trois fois son entertainer.

Bertrand Ferrier

C’est bien là la marque de fabrique de Vittorio Forte, une perfection technique alliée à une extrême émotion qui passe au bout des doigts, une sensibilité qui se diffuse à travers son toucher fin et délicat non exempt d’éclats. Les notes semblent comme en suspension, avec de légères et subtiles syncopes, presque imperceptibles, comme si livrer la musique ne pouvait se faire qu’en la délivrant de la gangue de l’accumulation des notes. Quant à Chopin, Vittorio Forte en fait entendre toutes les nuances, en percevoir les changements de tons, de rythmes et d’accents. C’est un très grand plaisir mais c’est aussi très beau.

Arts-chipels - Sarah Franck

Vittorio Forte joue un piano Steinway, un de ces grands pianos modernes, très vibrants,  conçus pour porter et projeter le son, et côté partitions, des versions peu jouées, apportant de légères variantes aux habitudes, que les addicts chopiniens remarqueront.

Il semble qu’il ait choisi de suivre son bon goût et son oreille assurée, et n’avoir pas fait de choix radicaux ou définitifs. Il ne fait pas briller la virtuosité, ce qui est aussi de très bon goût, reste dans la demi-teinte et l’ambiguïté chopinienne,  avec un Steinway parfaitement maîtrisé, sans excès de résonnance, y compris dans les finale, parfaitement et clairement enregistré, sans pousser les basses. Une main gauche solide, mais assez discrète pour mettre en valeur le règne de la mélodie.

Ici et là une série de rubatos un peu plus appuyée se fait remarquer, comme des respirations ou inflexions vocales rejoignant le flux musical. C’est ainsi qu’on fait une déclaration d’amour quand elle n’est pas apprise pas cœur.

Musicologie - J.M. Warszawsky

Après un superbe « Voyage mélodique », Vittorio Forte retourne en studio pour graver sur disque sa propre conception de ce répertoire souvent délaissé ou malmené. C’est un piano toujours aussi subtil, frais, attentif à la moindre respiration dans la ligne mélodique, le tout grâce à un accompagnement qui vient apporter dynamisme et énergie sous-jacente plus que primordiale chez Chopin, sorte de moteur que rien n’arrête. Entre pureté et émotion, le langage proposé ici jouit d’une certaine liberté qui se conjugue avec justesse au discours de Chopin. Tout est dosé, réfléchi et toujours à propos. Du très beau piano, à nouveau, de la poésie en musique.

 

Crescendo Magazine - A. Desimpelaere

Cette élégance sans fard, cette très grande simplicité qui rubatise a minima pour parfois suspendre mieux le temps (la grande Valse en fa majeur, magnifique), le style exemplaire des phrasés, la franchise des couleurs, le toucher tenu qui gomme les marteaux pour faire mieux entendre les polyphonies, la précision des émotions font au final une version singulière de ces pages si sollicitées ; n’hésitez pas à les redécouvrir ici.

Artalinna - J.Ch. Hoffelé

De la poésie, les doigts de Vittorio Forte n’en manquent pas. Bien au contraire, elle sert un discours musical élégant, fascinant de spontanéité, d’immédiateté, voire d’urgence, comme si ces Valses « éphémères » portaient en elles une fragilité irrémédiable. Tout semble ici se modeler dans le présent, au sein d’une approche tour à tour fervente et passionnée. L’esprit de Chopin jaillit alors comme une évidence, offrant à l’interprète l’instant d’un fragile partage entre le cœur, la pensée et l’âme. Une Vision musicale à découvrir au plus vite.

OpusHD.net - J.J. Millo

Vittorio Forte uses his pianistic skills to differentiate Chopin’s Waltzes, thus reflecting the various moods of the music. A very personal and overall superb recording!

Pizzicato Magazine - Rémy Franck

"Recentemente ho scoperto che in Francia é emigrato un pianista che aveva inziato la sua attività in Italia : il calabrese Vittorio Forte. Forte ha la particolarità di una sonorità quasi utopica, valorizzata da un senso del respiro che richiama l'arte belcantistica ottocentesca: caratteristiche che rendono affascinanti le sue incisioni"

Extrait du livre "da Benedetti Michelangeli alla Argerich" trent'anni con i grandi pianisti - Luca Ciammarughi, pianiste et journaliste

"...Conquis par son jeu à la fois délicat, très joliment ciselé et plein de vaillance. Et sa présentation orale des œuvres était un modèle de pertinence et de clarté. Ce pianiste mérite toute notre attention."

Après le récital au Steinway showroom de Paris - Bertrand Boissard

L'interprète italien nous convie dans la pénombre d'un grand salon. Les Schubert sont des modèles de caractérisation. Dans Auf Flugeln des Gesanges, sa manière de faire chanter tous les doigts sur le clavier est admirable.
Son Widmung n'attirerait pas les remontrances de Katherine Hepburn dans Song of Love: il est lyrique et tendre plus qu'enflammé. D'un bond, nous voici au XX° siècle avec trois mélodies de Rachmaninov arrangées par Earl Wild. Vittorio Forte n'a pas son pareil pour débrouiller les entrelacs mélodiques, les arrière-plans, ou faire émerger telle ligne sinueuse des profondeurs du piano. Son jeu intime et rythmiquement souple sait aller jusqu'à une densité orchestrale, d'autant plus remarquable qu'elle ne convoque pas la force musculaire. Autant dire que les Gershwin sont épatants, dépourvus de l'emphase que les mauvais musiciens mettent à ce compositeur : Forte a fermé le couvercle du piano, tamisé la lumière pour qu'on entend mieux encore la polyphonie magnifique des arrangements de Wild. Quelle grâce, souriante qui plus est !

Diapason - Alain Lompech

"Plutôt qu’une approche marmoréenne, un pianiste qui se mouille, qui ose prendre parti, élever la voix, et qui en cela suscite la plus vive excitation. Ne s’écoute pas jouer mais agit en permanence, tient l’auditeur en haleine plutôt que de le bercer. Le choix des œuvres, l’occasion d’entendre ce qu’on entend rarement (voire jamais, Earl Wild) mais qui n’en est pas moins précieux, est un bonus incontestable. La technique ne fait jamais défaut, et autorise une prise de risque dans la vitesse particulièrement grisante. J’ai été bluffé par l’indépendance des voix au sein d’une seule et même main gauche, dans le bis."

Après le récital au Cercle France Amèriques (2018) - J. Hanck

Vittorio Forte phrase Frühlingsglaube comme si le chanteur était à côté de lui, un Dermota, un Wunderlich peut-être, nostalgie du timbre garantie, qui transforme les notes en sentiments.

Cette manière de faire oublier Liszt derrière Schubert est assez admirable, car après tout, le pianiste italien signe ici un disque de transcriptions où les originaux imposent leur vérité. C’est prendre un certain contrepied, envisager d’abord les choses en musicien. La longue plainte de Gretchen am Spinnrade va à son crescendo comme si Lotte Lehmann l’y emmenait, il y a tout au long de cet album une vérité du chant expressif qui ne cesse de surprendre, même dans les encorbellements dont Liszt pare Die Forelle. Et je ne vous dis rien de la beauté des timbres, de ce jeu de grande virtuosité à dix doigts où tout s’inféode dans un chant intime, profond.

Liszt transcripteur s’y transforme lui-même en poète, dans les Schubert bien connus, mais aussi chez Mendelssohn, Chopin, Schumann dont la Frühlingsnacht exaltée me transporte par ses phrasés où paraît une soprano, Jurinac peut-être ?

Une telle culture du chant transmuée dans l’ivoire et l’ébène, il faut bien revenir à Sofronitsky ou Berman pour la retrouver, vibrante, intense, si imaginative.

L’autre versant du disque nous fait passer l’Atlantique : Vittorio Forte herborise chez Earl Wild, l’un des ultimes représentants de l’âge d’or des virtuoses. Trois Rachmaninov où de l’or poudroie, trois Gershwin sensuels, solaires, finement sculptés, six merveilles qui rappellent que ce musicien de haute lignée est un sacré artiste, et pas seulement l’un des pianistes les plus doués de sa génération.

Artamag' - Jean Charles Hoffelé

Un voyage qui parcourt les univers de Schubert à Schumann. Il pourrait être monotone, sinon fastidieux. Vittorio Forte évite ce piège, dissociant chaque atmosphère de la précédente, portant la sonori-té du Steinway toujours vers une sorte d’élévation. Il modifie sensiblement son toucher, pour que Schubert s’éloigne de Schumann plus que de coutume. C’est tant mieux. Nulle préciosité, mais une quête de personnalisation des timbres. Il ajoute juste ce qu’il faut d’urgence chez Schubert, une errance douloureuse, qui devient sereine dans l’univers de la confession tendre de Mendelssohn. La fluidité est heureusement brisée avec le peu joué Reiselied, Liszt y dominant alors Mendelssohn et on admire la clarté et l’indépendance des voix. La seconde partie du disque est consacrée au XX° siècle. Trois mélodies de Rachmaninov, dont l’inusable Vocalise, respirent grâce à un bel éclairage de la polypho-nie. Summertime, The man I love, Embraceable you dans les versions d’Earl Wild possèdent un soupçon de sucre et une accroche suffisamment précise et dynamique pour que l’on soit séduit.
Ce disque - qui cache habilement une technique impressionnantes à certains moments - n’est pas un objet de virtuosité. Il se contente de révéler le charme simple des pièces, qui sont autant de « bis ». C’est aussi bien pensé que réalisé.

Pianiste Magazine - Stéphane Friederich

A la fin de la décennie passée, Suzanne et René Gambini publiaient un premier CD de Vittorio Forte (photo), dédié à des opus de Muzio Clementi. Cette magnifique interprétation d’un auteur injustement mésestimé révélait la personnalité attachante de l’interprète italien (né en 1977), dont le parcours assez atypique l’a conduit à travailler avec des maîtres tels que Paul Badura-Skoda, Menahem Pressler et Fou Ts’ong.
 Intense et poétique, le jeu de Forte s’est par la suite illustré en studio dans des pages de Schumann et dans un merveilleux dialogue Couperin-Chopin. Toujours chez Lyrinx, un récital intitulé « Voyage mélodique » (1) vient de sortir et confirme la place éminente de Vittorio Forte dans le paysage du piano italien, aux côtés de Pietro de Maria et de Maria Perrotta. Mais la curiosité n’étant pas toujours le trait dominant des organisateurs de concerts parisiens, on n’a hélas guère l’occasion d’entendre ces interprètes dans la capitale ...
 
Il est heureusement quelques exceptions, telle la série « Classique en Suites » que François Segré programme à l’Institut Goethe. Pas curieux le public ? Mon œil ! Donnez-lui de vrais motifs et il est au rendez-vous : salle pleine à craquer pour assister au récital de Vittorio Forte dans un programme à peu de choses près identique à celui du CD « Voyage mélodique ».
Le Blüthner trop mat et pauvre en harmoniques que le soliste a à sa disposition n’est hélas pas le vecteur idéal pour ces Schubert/Liszt, Mendelssohn/Liszt, Chopin/Liszt, Rachmaninov/Wild et Gershwin/Wild ... On sent un effort d’adaptation à l’instrument dans les Schubert qui ouvrent la soirée (Fruhlingsglaube, Auf dem Wasser zu singen, Gretchen am Spinnrade, Die Forelle), mais Forte dépasse ces contingences pour mieux faire savourer le suc poétique des pages qui se succèdent.
Transcriptions ? La virtuosité de Liszt, son travail d’appropriation créatrice n’entravent jamais la vocalité de l’expression. Auf Flügeln des Gesanges : chez Mendelssohn, comme partout ailleurs, ce sont bien les ailes du chant qui portent continûment le jeu de Forte, avec naturel et refus de tout sentimentalisme : quelle justesse des caractères dans Zyczenie et Moja pieszczotka de Chopin, quel authentique élan amoureux dans la Widmung schumanienne, après l’irrésistible foisonnement de Frühlingsnacht.

Menées avec un tact parfait, trois mélodies de Rachmaninov transcrites par Earl Wild (O cease thy singing, Midsummer nights, Vocalise), précèdent la cerise sur le gâteau : quatre des Sept Etudes de virtuosité sur des thèmes de Gershwin du même Wild (The man I love, Embraceable you, Summertime, Fascinating rythm) où la musique triomphe, avec chic et élégance. Wildien en diable : chapeau l’artiste !

Concertclassic - Alain Cochard

Malgré un mode mineur omniprésent, l’ensemble s’écoute et se réécoute sans la moindre trace de lassitude, chaque pièce semblant découler de la précédente. Vittorio Forte est pour beaucoup dans la réussite de ce dis-que. Un exemple de ce gout sans fausse note: la Pantomime de Couperin, à la fois cours magistral d’articula-tion, leçon de rubato et de dynamiques, art du discours par de subtiles variations dans les reprises, et apothéo-se de la danse. Dans leur rebonds parfaitement dosés, les Mazurkas du polonais sont tout aussi bien senties.

Diapason - Laurent Marcinik

...un « voyage mélodique », que les doigts de Vittorio Forte portent au sommet d’une intelligence musicale indéniable, et qui bercera longtemps l’âme de tout les amoureux du piano. Un SACD indis-pensable et unique.

OpusHD.net - J.J. Millo

Vittorio Forte au sommet de son art! La difficulté première de la transcription est de garder le caractère, l’ambiance et toute l’essence qui caractérise l’œuvre. En effaçant le texte chanté, le défi du pianiste est alors de faire traduire au piano toutes les émotions et la richesse de la voix qui caractérisent chacune des pièces choisies. Et c’est que ce fait admirablement le pianiste Vittorio Forte qui nous démontre à nouveau sa volonté de réfléchir et de proposer autre chose. On apprécie particulièrement la finesse et la sensibilité de son toucher, la délicatesse indéniable de la direction musicale, tant mélodique que rythmique ou harmonique, et la facilité que l’artiste a à capturer l’instant présent pour instaurer des climats et ambiances saisissants. Pour chaque récit, Vittorio Forte raconte une histoire et nous invite, grâce à l’installation d’une atmosphère intime – notamment due à une prise de son parfaite et une direction artistique de haut vol - à rentrer dans son cheminement poétique. Soulignons enfin - après le timbre si délicat d’« Auf der Wasser zu singen » (Schubert) tant dans les aigus que les graves, la douceur et la pureté d’ « Auf Flügen des Gesanges » (Mendelssohn) - la fraîcheur et le côté parfois enivrant de la seconde partie par une lecture imagée, sensuelle, en somme très naturelle, des transcriptions de Porgy and Bess de Gershwin ou des mélodies de Rachmaninoff par Earl Wild. Un « Voyage mélodique » qui fera parler de lui et qu’il ne faut surtout pas hésiter à placer dans sa discothèque !

Crescendo Magazine - Ayrton Desimpelaere

Le pianiste traite avec autant de goût les transcriptions d’Earl Wild : Il nous fait découvrir la richesse de ces adaptations, car Wild, cet immense pianiste, artiste souvent mal compris, a enri-chi énormément ces oeuvres, et c’est exactement cet aspect qui ressort nettement des interpré-tations élégantes, jouées avec beaucoup d’amour et de dévouement par Vittorio Forte
Vittorio Forte impressionne avec un programme de transcriptions qui nous montre qu’il est un interprète très naturel, se souciant pour les origines des oeuvres et donnant à ces transcriptions
une incroyable richesse musicale.

Pizzicato - Rémy Franck

Voilà un intéressant florilège d’oeuvres de maturité qui illustrent à merveille l’évolution du style du composi-teur italien, du classicisme vers le romantisme.
Un programme parfaitement défendu par Vittorio FORTE, lequel cisèle un Clementi romantique,
précurseur de Beethoven.
C’est ce que l’on ressent à l’écoute du Largo et sostenuto de la sonate en sol mineur qui précède le frénétique Allegro con fuoco sculpté avec panache, mais sans virtuosité excessive. On admire également la capacité du pianiste à dessi-ner de délicates guirlandes d’ornementations qui embellissent les lignes mélodiques. Il sait également jouer sur les registres dynamiques et fait preuve d’un art consommé pour effectuer des ruptures théâtrales. Ce romantisme à « fleur de peau » est également de mise dans l’autre sonate dont les premières mesures Molto adagio e sostenuto résonnent avec une densité expressive touchante qui contraste avec l’énergie rythmique endiablée de l’Allegro con fuoco e con espressione. Le climat de désespoir du Largo est restitué avec une sobriété ascétique poignante, les trilles sont aérien-nes, les aigus crépusculaires. Vittorio Forte nous charme dans le protéiforme Capriccio dont les multiples climats se succèdent avec souplesse, élégance et cohérence, culminant dans un fougueux Allegro final.
Le voyage dans l’univers clémentinien s’achève sur une note frivole avec une fantaisie sur « Au clair de la lune »
interprétée avec la fraicheur qui sied.

Classica - J. N. Coucoureux

Diction puissante, hauteur de vue des phrasés, souffle large...on suivra avec intérêt le parcours de ce musi-cien qui possède indéniablement une personnalité affirmée.

Diapason - Bertrand Boissard

Vittorio Forte prend le pari de croiser les pièces « mélancoliques » extraites des Ordres de Couperin avec les mazurkas de Chopin. La progression dramatique de cette association es originale et astucieuse. Tant pis pour ceux qui n’aiment pas le risque assumé et les liaisons dangereuses, mais abouties.
On tombe ici sous le charme d’un piano qui respire et convainc.

Pianiste Magazine - Pierre Massé

Des oeuvres toutes célébrissimes qui jalonnent un voyage intime, une confession où le pia-niste se livre avec une sincérité désarmante. Une émotion intense mais sans pathos parcourt ce disque pour un moment de partage avec l'auditeur dans une communion fervente. On se réjouit, en outre, de la belle sonorité du Steinway, bien différente de la sonorité trop mate du Blüthner du Goethe Institut.
Un grand moment de piano, du grand art ! Succès assuré ! Un pianiste à ne pas manquer.

L'éducation musicale - Patrice Imbaud

Vittorio Forte a le piano démocratique. S'il s'emploie à faire ressortir le chant de la reine mélodie, en soignant méticuleusement, voire en ralentissant s'il le faut la diction, il soigne aussi celles du peuple qui envahissent la partition et toute la tessiture du piano, respecte la clarté de ligne et l'intelligibilité de chacune d'entre elles.
Il maîtrise fort bien les plans sonores, le son est beau, égal, posé, jamais forcé malgré les acrobaties virtuoses imaginées sournoisement par l'Hungaro-Autrichien du XIXe siècle et l'Américain du XX-XXIe.

Musicologie.org - Jean Marc Warszawski

Après un enregistrement remarquable consacré à Clémenti, le pianiste Vittorio Forte revient au disque avec un programme Schumann regroupant les «Fantasiestücke» Op.12, «Arabesque» Op.18 et les «Kreisleriana» Op.16. Dans sa non moins remarquable préface au livre de Marcel Beaufils, La Musique pour piano de Schumann, paru jadis chez Phébus, le sémiologue Roland Barthes écrivait : «Schumann ne fait entendre pleinement sa musique qu’à celui qui la joue. J’ai toujours été frappé par ce paradoxe : que tel morceau de Schumann m’enthousiasmait lorsque je le jouais, et me décevait un peu lorsque je l’entendais au disque : il paraissait alors mystérieusement appauvri, incomplet. Ce n’était pas, je crois, infatuation de ma part. C’est que la musique de Schumann va bien plus loin que l’oreille ; elle va dans le corps, dans les muscles, par les coups de son rythme, et comme dans les viscères, par la volupté de son mélos : on dirait qu’à chaque fois, le morceau n’a été écrit que pour une personne, celle qui le joue». Le disque de Vittorio Forte pourrait être une exception au propos de Barthes. Car le Schumann que l’on entend ici résonne avec un souci indéniable de la sonorité, une intelligence des phrases et un contrôle de la dynamique. Vittorio Forte fait nai-tre l’émotion lorsqu’il illustre le monde contrasté de Schumann, entre la lumière et l'angoisse douloureuse, par une parfaite maîtrise de la polyphonie. Les bases sombres et profondes des Fantasiestücke contrastent avec les voix hautes, pleines de poésie et de finesse. Dans les Kreisleriana, brio et tendresse sont au rendez-vous. Les sections très différentes de cha-que pièce rappelant Florestan et Eusebius, les personnages imaginaires de Schumann illustrant le violent et le rêveur, sont abordées avec autant de profondeur. Quant à l’Arabesque, elle navigue sur les mêmes hauteurs musicales. Un enregistrement à ne pas manquer pour découvrir un véritable pianiste schumannien.

Parutions.com - Agnès Marzloff

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